Le Niger affirme son indépendance alimentaire sous l’impulsion du Général Tiani

Actualités Économie

Depuis l’accession au pouvoir du Général d’Armée Abdourahamane Tiani, l’agriculture nigérienne connaît une orientation stratégique assumée : faire de la production nationale le socle de l’indépendance économique. Dans un contexte régional et international marqué par les tensions commerciales, la flambée des prix des denrées et les incertitudes logistiques, le Niger a choisi de renforcer un secteur vital celui qui nourrit sa population.

Selon une analyse statistique récente, le Niger compte actuellement 85 Aménagements Hydro-Agricoles (AHAs) couvrant environ 16 000 hectares, dont 74 sont opérationnels, et qui emploient plus de 40 000 agriculteurs actifs. Le potentiel total de terres irrigables au Niger est très vaste, estimé à plusieurs millions d’hectares ; la région de Dosso à elle seule compte 17 aménagements hydro-agricoles couvrant près de 788 ha. Le Programme de Grande Irrigation récemment lancé prévoit d’ajouter 21 200 ha supplémentaires d’ici 2027, portant la superficie totale irriguée à plus de 39 700 ha.

L’ONAHA, en lien avec les stratégies nationales de développement, soutient les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture (SNDR) 2021-2030. C’est-à-dire, d’ici 2030, l’ambition est d’atteindre une production de 1 458 059 tonnes de paddy (cela représente près de 947 738 tonnes de riz blanc), contre environ 127 861 tonnes en 2021. Cette hausse majeure viserait à couvrir 100 % des besoins de consommation intérieure, voire à générer un excédent exportable à l’horizon 2030.Aujourd’hui, les signaux envoyés par les autorités sont clairs : la souveraineté alimentaire n’est plus un slogan, mais une priorité politique structurée.

Au Niger, l’agriculture représente une part essentielle de l’économie et mobilise une large majorité de la population active. Conscient de ce poids stratégique, le nouveau pouvoir a placé la production agro-alimentaire au cœur de son action.L’un des axes majeurs de cette politique repose sur le développement de la grande irrigation et la valorisation des terres aménageables. L’objectif est double : accroître les rendements et sécuriser les productions face aux aléas climatiques. Cette orientation vise à transformer progressivement une agriculture vulnérable en un moteur stable de croissance.

Dans cette dynamique, l’État a multiplié les initiatives pour soutenir les producteurs locaux, faciliter l’écoulement de leurs récoltes et encourager la consommation des produits nationaux. Le cas du riz est particulièrement révélateur de cette évolution. Longtemps dépendant des importations pour satisfaire la demande intérieure, le Niger s’oriente désormais vers une montée en puissance de sa production nationale. La récente opération de vente à prix modéré de riz 100 % nigérien au Palais du 29 Juillet à Niamey en est une illustration concrète. Plus de 1 000 tonnes de riz issues des exploitations locales ont été mises à la disposition de la population à un tarif subventionné.

L’opération, présidée par le Premier ministre , s’inscrivait dans une démarche sociale et stratégique : soulager les ménages tout en valorisant la production nationale. Ce geste n’est pas anodin. Il traduit une réalité nouvelle : les terres nigériennes produisent désormais en quantité suffisante pour permettre non seulement l’autoconsommation, mais aussi des excédents mobilisables au bénéfice des citoyens. La montée en puissance du riz local s’appuie également sur la consolidation des circuits de distribution. La renforce sa présence à travers l’ouverture d’agences régionales destinées à améliorer l’écoulement des stocks et rapprocher le produit du consommateur.

Cette stratégie répond à une logique claire : produire localement, transformer localement, distribuer localement. En réduisant les intermédiaires et en consolidant la chaîne de valeur, l’État cherche à maximiser les retombées économiques internes.Depuis l’arrivée du Général Tiani, la rhétorique de souveraineté s’est accompagnée d’actions concrètes dans le domaine agricole. Le pouvoir actuel fait de la terre un levier d’émancipation économique.La production agro-alimentaire n’est plus envisagée comme une activité de subsistance, mais comme un pilier fondamental de la refondation nationale. L’augmentation des surfaces irriguées, le soutien aux producteurs, la mise en marché du riz local et les opérations de vente subventionnée participent d’une même vision : réduire la dépendance extérieure et renforcer l’autonomie du pays.Le message est politique autant qu’économique : le Niger entend compter d’abord sur ses propres ressources.Si les progrès sont visibles, le défi reste permanent. Maintenir cette dynamique suppose des investissements continus dans l’irrigation, l’accès aux intrants, la mécanisation et la formation des producteurs.

Mais une chose semble acquise : l’agriculture est redevenue un axe stratégique central. À travers la promotion du « consommer nigérien », le pouvoir affirme que la sécurité alimentaire est une question de souveraineté.En plaçant la production agricole au cœur de son action, le Niger trace une trajectoire qui vise à transformer ses terres en fondement durable de son indépendance économique.

Adam Iboun Gueye


En savoir plus sur

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *