Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, poursuit son cycle d’inspections au sein des structures judiciaires et pénitentiaires de la capitale. Ce lundi 9 mars 2026, le membre du gouvernement s’est rendu à la Maison d’arrêt de Niamey pour une mission d’évaluation directe des réalités quotidiennes de cet établissement emblématique.
Dès son arrivée, le Garde des Sceaux a été accueilli par le régisseur de l’établissement, le commandant Abdourahamane Foutah, avant de recevoir les honneurs militaires rendus par un détachement de la Garde nationale. Cette démarche ministérielle s’inscrit dans une volonté de transparence et d’amélioration continue, visant à appréhender avec précision les conditions de détention, à recenser les obstacles opérationnels et à esquisser des solutions concrètes en adéquation avec les ressources de l’État.

Sous la conduite des responsables des lieux, M. Alio Daouda et sa délégation ont entrepris un parcours exhaustif des infrastructures. Cette visite guidée a permis d’inspecter les points névralgiques de la chaîne de prise en charge : de la salle d’attente destinée aux familles au poste de contrôle et d’enregistrement, en passant par le service de vérification des colis et les espaces de palpation dédiés aux hommes et aux femmes. Le ministre a également visité les services administratifs, l’infirmerie, les salles d’observation et d’hospitalisation, sans oublier une immersion dans les quartiers de détention, incluant les secteurs réservés aux femmes, aux hommes et aux mineurs.
Le volet technique de la visite a été marqué par un entretien approfondi avec le régisseur. Le commandant Abdourahamane Foutah a brossé un tableau exhaustif de la situation, mettant en exergue des défis structurels majeurs. Si le traitement des dossiers judiciaires a connu une progression notable au cours de l’année 2025 avec 4 835 détenus enregistrés dont 3 071 ont été définitivement fixés sur leur sort la pression carcérale demeure une préoccupation centrale.
Au 8 mars 2026, l’établissement comptabilise 1 895 pensionnaires, dont 1 496 prévenus en attente de jugement, révélant un taux d’occupation alarmant de 416 %. Outre cette surpopulation, l’administration pénitentiaire pointe un déficit en personnel soignant et une insuffisance de moyens matériels pour mener à bien ses missions régaliennes.
Face à ce constat, le ministre Alio Daouda a affirmé avoir pris la pleine mesure de l’urgence. Il a assuré que des réformes et des efforts budgétaires seront déployés pour optimiser le fonctionnement de la Maison d’arrêt et humaniser davantage les conditions de vie carcérale.
La journée s’est achevée par une étape cruciale : un dialogue direct et sans filtre avec les délégués des personnes privées de liberté. Bien que les détenus aient qualifié leurs conditions de vie globales de satisfaisantes, ils ont unanimement déploré les délais parfois excessifs du calendrier judiciaire. En réponse, le Garde des Sceaux a promis d’engager des mesures visant à accélérer les procédures, réitérant son engagement pour une justice plus diligente et respectueuse des droits fondamentaux.
Niger : La Police Judiciaire arrete une association de malfaiteurs
Adam Iboun Gueye
En savoir plus sur
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
