Le cabinet du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey a servi de cadre, le vendredi 6 mars 2026, à la deuxième réunion de coordination du Parquet pour l’année civile. Cette rencontre institutionnelle, devenue un levier essentiel de pilotage judiciaire, a permis de passer au crible l’ensemble de l’activité pénale enregistrée au cours du mois écoulé, tout en consolidant les mécanismes de traitement des dossiers.
En ouvrant les travaux, le Procureur de la République a tenu à souligner l’importance de la rigueur déontologique. Après avoir rappelé les principes fondamentaux de la pratique professionnelle, il a orienté les débats vers une analyse minutieuse de la chaîne pénale, allant de la réception des procès-verbaux à la tenue effective des audiences, sans oublier le suivi délicat de la situation carcérale et des mesures de mise en liberté.

Le bilan statistique présenté lors de cette séance témoigne d’une mobilisation constante de l’appareil judiciaire. Au cours du mois de février 2026, les tribunaux de Niamey ont statué sur un volume important d’affaires, avec 79 dossiers jugés devant les juridictions de droit commun. Parallèlement, l’expertise des pôles spécialisés a été sollicitée pour le jugement de 47 procédures complexes, confirmant ainsi la montée en puissance de ces structures de pointe.
Sur le front des enquêtes et de la répression, l’activité s’est révélée particulièrement dense avec le traitement de 392 procès-verbaux. La typologie des infractions révèle les défis sécuritaires et sociaux auxquels la capitale est confrontée. Les atteintes aux biens constituent un pan majeur de l’activité avec notamment 52 cas de vol, une vingtaine d’escroqueries et 12 abus de confiance. La criminalité financière et économique n’est pas en reste, marquée par des dossiers de blanchiment de capitaux, de détournement de deniers publics et de corruption, ainsi que des faits de cybercriminalité.
Le volet des infractions contre les personnes demeure une préoccupation centrale pour le Parquet. Les magistrats ont eu à traiter des dossiers graves allant de l’homicide et de l’assassinat aux violences volontaires et aux infractions à caractère sexuel, dont neuf cas de viol et des affaires d’outrage à la pudeur ou de harcèlement. La protection des mineurs a également été au cœur des dossiers de détournement et d’enlèvement.
Par ailleurs, la lutte contre le fléau des stupéfiants et la menace terroriste a occupé une place prépondérante dans les échanges. Outre les dossiers de détention et de trafic international de drogues à haut risque, la justice a dû faire face à une pression sécuritaire notable : 73 procédures concernent des associations de malfaiteurs liées à des entreprises terroristes, complétées par des cas d’appui logistique aux groupes armés et de trafic d’explosifs.
En termes de démographie judiciaire, l’action publique a visé 321 individus durant cette période. Le profil des prévenus montre une écrasante majorité d’hommes adultes, bien que la présence de 16 femmes et de 24 mineurs parmi les personnes poursuivies souligne la diversité des profils impliqués dans les mailles de la justice. En clôturant les travaux, les autorités judiciaires ont jugé ces résultats globalement satisfaisants, tout en réitérant la nécessité d’une coordination renforcée pour garantir une administration de la justice toujours plus réactive et efficace.
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